LA CÔTE D’IVOIRE À LA 8e SESSION DU CONSEIL DES MINISTRES DE L’ABV
Autorité du Bassin de la Volta : la Côte d’Ivoire obtient la Direction exécutive à Bamako
La Côte d’Ivoire assurera la prochaine Direction exécutive de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV). Le Conseil des Ministres l’a décidé le 16 octobre 2026 à Bamako, au terme de sa 8e session ordinaire, la première depuis mai 2019. Conduite par Mme Marie-Gisèle YESSOH, Conseillère Technique représentant le Ministre des Eaux et Forêts, M. Jacques Assahoré KONAN, la délégation ivoirienne a été présente à chaque étape, de la vice-présidence du Comité des experts à la réunion des ministres.
Bamako a accueilli, du 12 au 16 octobre 2026, les travaux statutaires de l’ABV, qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo. Après sept ans sans session du Conseil des Ministres, l’enjeu était de rétablir la gouvernance de l’institution, de régulariser ses comptes et d’organiser le renouvellement de sa direction.
Comité des experts, la Côte d’Ivoire à la vice-présidence
La délégation ivoirienne comptait trois membres :
• Mme Marie-Gisèle YESSOH, Conseillère technique chargée de la coopération internationale, cheffe de délégation et représentante du Ministre au Conseil des Ministres ;
• Dr Kouamé Auguste KOUASSI, Directeur de la Protection et de l’Aménagement des Ressources en Eau (DPARE), représentant le Coordonnateur de la Structure focale nationale de l’ABV ;
• Mme Caroline NIANGORAN, Sous-directeur chargé du suivi des réformes et des activités des organisations communautaires au Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.
Réuni du 12 au 15 octobre, le Comité technique des experts a préparé les décisions des ministres. Le Dr KOUASSI Auguste y a assuré l’une des deux vice-présidences, aux côtés de M. Lumor MAWULI (Ghana), sous la présidence de M. Sékou DIARRA, Directeur national de l’Hydraulique du Mali. La présence du Ministère de l’Économie et des Finances répondait à l’enjeu central de la session : le financement de l’institution.
Pendant quatre jours, les experts ont passé en revue un bilan dense :
• Les rapports d’activités 2019–2025, avec un taux d’exécution technique de 87 % sur 2019–2021 ;
• Les comptes et les audits 2017–2025, tous certifiés sans réserve, mais exécutés sans budget approuvé depuis 2021 ;
• Les outils de ressources humaines : organigramme, grille salariale, évaluation de la performance ;
• Les plans de travail et budgets 2026 et 2027 ;
• Les huit postes vacants et la question des mandats échus du Directeur exécutif et de son adjoint.
Les experts ont relevé une fragilité financière préoccupante. Les contributions des États, de 392 millions de FCFA par an, ne couvrent plus les charges de personnel depuis 2019. Au 30 septembre 2026, seuls 19,5 % des contributions exigibles de l’année avaient été recouvrés.
Conseil des Ministres, une nouvelle gouvernance par rotation entre États
Le 16 octobre, sous la présidence du Ministre Ghanéen Ahmed IBRAHIM, le Conseil des Ministres a adopté 23 résolutions sur la base du rapport des experts. Mme Marie-Gisèle YESSOH y représentait le Ministre des Eaux et Forêts et a signé le communiqué final au nom de la Côte d’Ivoire.
La décision majeure porte sur la direction de l’institution. Les ministres ont constaté la fin, le 30 juin 2025, du second mandat du Directeur Exécutif et de son adjoint, prolongé jusqu’au 31 mars 2027 pour assurer la transition. Ils ont retenu une désignation tournante entre États et interdit à un même pays de cumuler deux des trois postes de tête que sont le Président du Conseil des Ministres, le Directeur Exécutif et le Directeur Exécutif Adjoint.
Pour les prochains mandats, la présidence du Conseil des Ministres revient au Mali, qui l’a reçue du Ghana à l’issue de la session. La Direction exécutive est attribuée à la Côte d’Ivoire et la Direction exécutive adjointe au Togo.
Les ministres ont également :
• pris acte les budgets 2026 (3,04 milliards de FCFA) et 2027 (2,58 milliards de FCFA) ;
• adopté les rapports 2019–2020 et pris acte de ceux de 2021–2025 ;
• pris acte du manuel de gestion des ressources humaines et la nouvelle grille salariale, applicable au 1er janvier 2028 sous réserve des disponibilités financières ;
• autorisé sept recrutements prioritaires répartis entre les États, dont le poste d’Expert en gestion des projets attribué à la Côte d’Ivoire ;
• commandé une étude sur les besoins de fonctionnement et leur incidence sur les contributions des États ;
• invité les États à verser leurs contributions 2027 et à apurer leurs arriérés avant le 30 avril 2027.
Pour la Côte d’Ivoire, une responsabilité clé dans le pilotage du redressement
En obtenant la Direction exécutive, la Côte d’Ivoire prend la conduite d’une institution à relancer. Le futur Directeur Exécutif devra accélérer les études du barrage de Noumbiel, mobiliser des ressources et actualiser le Plan stratégique de l’ABV.
Le calendrier est serré. Une session extraordinaire du Conseil des Ministres se tiendra au Togo avant le 30 juin 2027, et la 9e session ordinaire au Ghana en octobre 2027. La désignation du Directeur Exécutif ivoirien s’inscrit dans ce calendrier, la transition de l’équipe sortante étant fixée au 31 mars 2027.
La tâche est d’ampleur : avec 392 millions de FCFA de contributions annuelles et un recouvrement 2026 limité à 19,5 % au 30 septembre, l’ABV doit d’abord restaurer sa base financière pour exécuter des budgets de 3,04 milliards de FCFA en 2026 et 2,58 milliards en 2027.












